Fédérer les unitaires : vers le parti commun ? 

9 avril 2026
Le Parisien Interview horiz

Les débats qui s’enlisent au Parti socialiste autour de la primaire du Front Populaire 2027 et plus largement de la place dans la gauche de ce parti, la proposition insoumise d’une alliance autour de leur propre candidature, l’échec des élections municipales à mettre la gauche en dynamique pour l’année qui vient et la cacophonie généralisée sont autant d’éléments qui rendent confuse toute ébauche d’une perspective enthousiasmante pour notre camp politique et social à l’approche de batailles électorales décisives pour l’avenir du pays.

Tous nos débats sont utiles. Mais ils révèlent tout de même une grande dispersion dans laquelle il est difficile pour celles et ceux qui aspirent sincèrement à l’unité et à renouer avec l’espoir levé par le Nouveau Front Populaire de se faire entendre à grande échelle par l’opinion publique.

Pendant ce temps, l’extrême droite, elle, ne doute pas. Elle avance. Elle structure son bloc, se retrouve dans les urnes et réalise déjà si souvent sur le fond et dans les campagnes médiatiques qu’elle mène “l’union des droites” qui est en réalité une fusion de la droite en voie de radicalisation avec l’extrême droite. Elle impose ses themes, nous le voyons chaque jour sur nos écrans mais aussi dans les instititions : loi Darmanin sur l’immigration, course de vitesse pour proposer sans cesse une idée plus réactionnaire à soumettre au Parlement, délires sur la “simplification” pour attaquer les protections et les normes qui permettent la défense de la vie et société et de l’intérêt general… 

Voilà pourquoi Génération.s propose à ses partenaires les plus proches de refuser l’inertie et de tenter de construire une dynamique politique, populaire et nouvelle qui nous donne la force suffisante pour défendre ce que nous croyons indispensables : l’union de la gauche et des écologistes. 

Un parti commun des unitaires, déjà rassemblés avec succès au sein d’un groupe à l’Assemblée nationale serait l’aboutissement logique de convergences fortes tant sur la vision de société que nous partageons que sur les perspectives stratégiques que nous défendons au quotidien et à travers les initiatives de nos partis respectifs. 

Si l’ambition d’un parti flambant neuf semble ne pouvoir être malheureusement qu’une démarche de moyen ou de long terme, celle de la construction de la première étape de cette recomposition partisane, une fédération, est aussi rapidement réalisable qu’elle est urgente. 

Elle repose en réalité sur quelques ingrédients seulement : un label commun pour se fédérer, une direction politique plurielle, un socle idéologique et une feuille de route stratégique démocratiquement définis. C’est jouable avant l’été ! 

C’est la condition pour faire respecter de nos autres partenaires une parole unitaire crédible, incarnée, irriguant le pays dans tous ses territoires. Face à la tentation des gauches irréconciliables le camp unitaire doit parler et agir de façon lisible, claire et plus puissante qu’aujourd’hui. 

C’est un atout pour la primaire parce qu’elle serait assise sur un pacte de fond pour le pays, sur une force pour la faire advenir et l’élargir à d’autres, sur une offre stratégique capable d’être une boussole à chaque étape de cette imprévisible campagne de 2027, sur une dynamique qui survive au seul moment du “casting” présidentielle mais recompose la gauche en échappant le plus possible à des logiques d’écuries. Cette fédération est en quelque sorte une assurance-vie de la primaire.

La fédération puis le parti commun, c’est une force pour sortir du nombrilisme qui peut tuer la gauche. L’enjeu des mois à venir n’est pas de ne parler qu’à nous-même mais de faire gagner dans les urnes et les esprits une vision de la République, pour transformer la France, le quotidien des classes moyennes et populaires, répondre aux grands défis de l’avenir de la nation. Comment gagner et transformer le pays sans un souffle citoyen qui nous dépasse, sans une assise populaire solide pour faire face aux vents mauvais des forces de l’argent et de la haine si puissantes, si certaines de leur impunité et de leur force conquérante ? 

Pour gagner la bataille culturelle et vaincre électoralement, il faut parler d’une voix claire donc rompre avec la cacophonie. 

Une maison commune pour accueillir celles et ceux qui veulent porter haut l’unité de toute la gauche et de tous les écologistes, de ces millions de citoyennes et de citoyens sans adhésion partisane aujourd’hui qui ont cru à la Nupes puis au NFP, voilà qui est une tâche politique exaltante et utile à relever. Dispersés nous sommes faibles face à ce qu’exige la conquête puis l’exercice du pouvoir. Ensemble, nous pouvons susciter l’une des dynamiques qui déjoueront le scenario catastrophe et répondront à la peur de la victoire de l’extrême droite par l’espoir d’un sursaut à gauche ! 

Chiche ?  

La presse en parle

https://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/presidentielle-le-depute-benjamin-lucas-propose-une-seule-banniere-pour-les-partisans-dune-primaire-de-la-gauche-07-04-2026-JIRLGTUP6BGOPNUUW33U4V6SOU.php

https://www.liberation.fr/politique/a-gauche-tout-le-monde-veut-sa-federation-mais-pas-avec-nimporte-qui-20260408_LER5EPP4HREL5K2HSUP4FXDXGY/?redirected=9855

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