Ceci n’est pas notre primaire
Pourquoi le congrès du PS et de Place Publique n’est pas le cadre démocratique de dynamique populaire que nous imaginions à Bagneux ?
Parce que les militants socialistes – ils en ont la souveraineté et la liberté – ont choisi démocratiquement de se tourner d’abord vers Place Publique, acceptant le principe d’une désignation conçue comme un étendard « non-mélenchoniste » et pas comme l’étape d’une dynamique unitaire fidèle à l’esprit du NFP comme nous le souhaitions.
Participer à une primaire, c’est se soumettre à son verdict. C’est un principe éthique et démocratique.
Ainsi, vouloir concourir avec Raphaël Glucksmann dans un congrès conçu comme celui d’un espace hermétique d’une partie de la gauche, c’est potentiellement souscrire in fine à sa ligne de refus de l’union. Il a le mérite de la clarté, il refuse le rassemblement, même aux législatives pour donner une majorité à la gauche ou pour résister à l’extrême droite.
Or, refuser le dialogue avec les insoumis, qui sont – qu’on le veuille ou non – une force incontournable, notamment dans l’électorat populaire au service duquel nous devons nous battre, c’est inévitablement chercher ailleurs ses alliances et la construction d’une coalition majoritaire aux élections législatives qui suivront l’élection présidentielle. Donc se tourner vers ce qu’il restera du macronisme.
Il serait donc impossible pour moi de suivre de façon automatique le tenant d’une telle ligne. Nos camarades socialistes ne nous le demandent pas d’ailleurs, ils ont eu l’honnêteté de le signifier par leur vote qui a fermé la porte à ce que nous avions ensemble initié à Bagneux en juillet 2025. Dont acte. Cela n’empêchera pas la discussion et, je l’espère, des rassemblements dans le futur, l’histoire et longue et notre détermination inébranlable, mais cela rend impossible de participer d’une manière ou d’une autre au processus enclenché. C’est une question de respect pour les militants socialistes et pour nos propres engagements.