Carnet de campagne n.1

7 septembre 2026
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À gauche, faire l’unité autrement, pour la victoire !

Comme responsable politique, comme militant et comme citoyen, je suis saisi des mêmes doutes, des mêmes craintes, des mêmes espoirs que celles et ceux que je tente de représenter dans l’exercice de mon mandat ou dans les combats que nous partageons. Parce que chaque réflexion partagée apporte à la décision collective, je veux ici simplement poser une à une les étapes de mon propre cheminement, après avoir espéré et défendu une primaire de toute la gauche, pour choisir avec qui, pour quoi faire et comment je compte m’engager dans la bataille de 2027 à l’échelle nationale. Puissent ces quelques mots nourrir le débat et nous permettre d’avancer rapidement pour nous mettre toutes et tous en ordre de bataille. 

Presque chaque week-end, sur le plateau du 20h de TF1 ou ailleurs, une nouvelle candidature de gauche à l’élection présidentielle s’annonce. Je ne juge ni de leur pertinence ni de leur légitimité. Mais sans esprit polémique, sans vouloir faire la leçon à quiconque, on peut s’interroger et s’alarmer à l’heure où tant de signaux sont au rouge et indiquent que l’extrême droite est aux portes du pouvoir comme elle ne l’a jamais été depuis la seconde guerre mondiale. 

Chaque organisation est libre de ses choix en toute autonomie. Comme dirigeant de parti je respecte l’ensemble des camarades de la gauche et de l’écologie et leur pleine souveraineté.

Mais comme militant et citoyen je ne peux m’empêcher de ressentir un certain gâchis à chaque annonce d’une candidature de plus au compteur, à chaque tentative de démarcation des uns envers les autres, comme si nous jouions un congrès à ciel ouvert, repliés sur nous-même et nos nuances à l’heure des périls de toute nature : démocratique avec la menace de l’extrême droite, climatique après un été effrayant, social avec l’appauvrissement généralisé, l’explosion des inégalités et le séparatisme des plus riches. 

Quel regret qu’après la NUPES et le NFP nous n’ayons pas été capables de construire la grande coalition de gauche durable et coordonnée qui aurait évité la multiplication des candidatures et l’inévitable dispersion de voix qu’elle crée. Ce n’est pas faute de l’avoir proposé ou d’avoir appuyé les initiatives qui pouvaient y mener : comités locaux de la NUPES, liste commune aux européennes, intergroupe parlementaire, motions de censure communes… 

L’attente populaire était palpable depuis le début, le programme était écrit et montrait notre compatibilité, notre souci de gouverner et de rompre avec le macronisme, les combats communs étaient réels et puissants au parlement comme dans la rue, les dynamiques militantes et citoyennes étaient partout, heureuses et fécondes.

Mais dès les européennes de 2024, tout cela a été gâché avant d’être sauvé furtivement et trop provisoirement au soir de la dissolution.

L’heure n’est plus à identifier les responsabilités. L’histoire jugera plus tard. Ni à rêver d’une candidature unique autour d’un programme commun. Elle n’existera pas, c’est ainsi. 

Il faut avancer, et surtout refuser la résignation. Assez des discours défaitistes qui tuent toute capacité à lever l’espoir et à entraîner le pays avec nous. Assez des arguments qui pourraient être utilisés pour nuir à une candidature de gauche au second tour. Tout est encore possible ! 

Le sursaut de juin et juillet 2024 l’a prouvé : une génération NFP est là, refusant le récit médiatique qu’on veut lui imposer à coups de banalisation du RN et de diabolisation de la gauche. Oui, il existe une génération politique consciente de sa responsabilité historique qui puise en elle le meilleur de nos valeurs et peut imposer ses thèmes et ses termes dans le débat démocratique. Elle mérite d’être entendue, portée, rassemblée. 

Alors il faudra faire l’unité autrement, en responsabilité, avec enthousiasme, et se battre pour faire gagner notre camp, celui de l’égalité, de la dignité, de l’écologie, de l’antiracisme, du féminisme, de la solidarité internationale et du progrès partagé.

Pour 2027, aucun de nous ne pourra rester à la maison ou jouer je ne sais quel coup tactique. Le sujet c’est la force citoyenne qui fera face à l’extrême droite et fera gagner l’alternative dont le pays a besoin après une décennie de brutalisation macroniste et pour éviter une décennie de déclin lepéniste. 

Les prochaines semaines seront décisives et je compte bien, pour ma part, œuvrer humblement à cette bataille qui nous dépasse et mérite qu’on y jette toutes ses forces.

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